De tous temps le progrès et l’évolution des choses ont fait disparaître des métiers dont aujourd’hui on se pose la question de l’utilité. Dans la démarche Schumpetérienne, on appelle cela la destruction créative, phase précédent ou concomitante à l’innovation quelquefois radicale. Dans le monde du parfum et de la beauté, comme dans toutes les filières, certains gestes, jadis ancestraux, voire indispensables aux yeux de certains, on finit par disparaitre.
Nous vous proposons une petite série en plusieurs épisodes , qui serait peut-être digne de Netflix, autour de ces pratiques disparues.
Aujourd’hui : le Point de goutte.
Le comportement thermique d’un mélange de corps gras comme le rouge à lèvres est une des dimensions essentielles de cette famille de produit. Il existe donc toute une série de tests permettant de comprendre quelles sont ces caractéristiques. Celles-ci permettront à l’établissement des schémas opératoires pendant les phases de fabrication et surtout de coulage et de formage. Le plus connu et le plus populaire est le point de goutte. Il est très souvent confondu avec le point de fusion mais est assez différent. Sa détermination utilise une vieille technique qui vient de la chimie des corps gras. Elle est parfaitement codée. Le principe consiste à faire chauffer le corps a tester de façon modérée dans une cupule calibré jusqu’à ce qu’il se forme une goutte qui tombe. La température à laquelle la goutte tombe est appelé Point de goutte.

Avant l’arrivée de l’électronique et de l’automatisation des machines de contrôle, cette technique suivait un protocole très précis. Le chauffage du Bêcher contenant le fluide caloporteur (huile de vaseline, glycérine, eau etc.) devait être modéré, l’élévation de la température fixé à un degré par minute. L’opérateur devait observer attentivement la cupule pour suivre la formation de la bouteille était la température à laquelle elle se détache. Ce test était assez fastidieux, la température de départ étant généralement la température ambiante, le point de fusion de rouge à lèvres entre 70 et 80°C. Je vous laisse faire le compte.
Elle servait souvent de techniques de bizutage dans la mesure où il suffit de faire détourner l’attention de l’opérateur au moment où les gouttes tombent pour que la technique soit à refaire. Ridicule direz-vous ! Pas tant que comme ça. L’opérateur novice apprenait comme cela que l’application stricte d’un protocole d’analyse peut déterminer le résultat final.
De nos jours, il n’y a plus de risque car toutes ces constantes sont déterminées avec les appareils pilotés électroniquement, puisqu’il suffit simplement de mettre la cupule dans le four!!! Les jeunes opérateurs perdent souvent de vue l’interprétation de ces résultats
Détermination du point de goutte Mettler Toledo
Pour avoir une idée encore plus précise des constantes thermiques du mélange que constitue le rouge à lèvres, des techniques encore plus précises sont préférables, comme l’analyse thermique différentielle, dite ATD
Jean Claude LE JOLIFF





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