De tous temps le progrès et l’évolution des choses ont fait disparaître des métiers dont aujourd’hui on se pose la question de l’utilité. Dans la démarche Schumpetérienne, on appelle cela la destruction créative, phase précédent ou concomitante à l’innovation quelquefois radicale.
Dans le monde du parfum et de la beauté, comme dans toutes les filières, certains gestes, jadis ancestraux, voire indispensables aux yeux de certains, on finit par disparaitre. Nous vous proposons une petite série en plusieurs épisodes , qui serait peut-être digne de Netflix, autour de ces pratiques disparues. Aujourd’hui : le Bite test
À la fin du XIXe siècle, la consommation de poudre augmente, mais beaucoup d’utilisatrices considéraient que ce produit pouvait encore être nocif pour la peau soit parce que contenant des ingrédients considérés comme nocifs, soit en obstruant les pores de la peau.
La question de la finesse des poudres, à laquelle cette notion de sécurité était associée, sera abordée plus spécifiquement. Mais pendant très longtemps, les procédures de mélange des différents constituants des poudres faisaient appel à des mélanges assez grossiers suivis de tamisages successifs de plus en plus fins pour essayer d’obtenir une homogénéité satisfaisante du produit final. Cette technique était appelé la « bluterie » par analogie à la préparation de la farine.

Mais ces procédés ne permettaient toujours pas d’obtenir une finesse suffisante, ni même cette « légèreté » associée à une granulométrie très fine tant recherché. Une des premières marques à introduire cette notion de poudre ultrafine dans les années 20 fût une marque américaine s’appelant Lady Esther. Sur la base d’un test un peu particulier, le « Bite test », les consommatrices étaient invitées à tester les produits pour en évaluer la finesse. Ce test consistait à « croquer » de la poudre entre les dents pour évaluer la présence éventuelle de grains durs. L’idée qui primait était que plus une poudre est fine, moins elle obstruerait les pores de la peau.
Take a pinch of your powder and place it between your front teeth. Bring your teeth down on it and grind firmly. If there is any trace of grit in the powder it will be as instantly detectable as sand in spinach.

La concurrence entre les marques étant très forte, chacune va chercher une solution technique pour proposer un produit plus performant. Ceci va conduire à une innovation technologique majeure à cette époque : le broyage, mécanique pour certain, pneumatique pour d’autres. La recherche industrielle va permettre d’identifier des appareils permettant de satisfaire à ces conditions. Il s’agit d’appareils dits « broyeurs à marteau » ou « broyeurs à aiguilles ». La marque Coty fera partie des sociétés parmi les plus en avance sur cs question avec son procédé Airspun.

Jean Claude LE JOLIFF
Contribution réalisée avec l’aide James Bennett et du MUS de Suresnes.





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