L’industrie cosmétique, qui bouge sans arrêt et quelques fois à une vitesse excessive, s’intéresse de façon de plus en plus certaine a tout ce qui peut générer de l’émotion en l’associant à ses produits. Ce n’est pas nouveau, mais ça commence à prendre une ampleur certaine. Petit tour d’horizon.
Dans cet article récent issu d’une publication grand public, on tente que de nous expliquer, très bien d’ailleurs, ce qu’il en est réellement. Bien que le monde de la beauté, que l’on qualifie régulièrement d’industrie du rêve, se soit toujours intéressé à ces questions, on assiste incontestablement a une évolution autour de ce thème. Pour ceux qui veulent approfondir ces questions, comprendre les mécanismes et appréhender les façons de faire, un ouvrage récent, coordonné par Patrice BELLON, et auquel votre serviteur à modestement contribué, permet d’aborder les différentes notions : Cosmétiques, Parfums et Emotions, l’apport des neurosciences.

Cette tendance est sous tendue par une idée assez vieille qui voudrait qu’il y ai un lien privilégié et direct entre la peau et le cerveau. S’il y a des évidences supportant cette hypothèse, elle reste malgré tout assez délicate à interpréter. On en parle encore régulièrement ici ou encore ici.
Les neurones sensoriels, tout comme les cellules de l’épiderme, nouent des contacts et sécrètent de multiples substances qui nourrissent un dialogue permanent entre la peau, le système nerveux, mais aussi le système immunitaire. Laurent Misery, Dermatologue et entre autre directeur du laboratoire de neurosciences de l’Université de Bretagne occidentale, auteur de « Votre peau a des choses à vous dire » (éd. Larousse), ajoute que « nos perceptions cutanées sont aussi fines que les perceptions visuelles. C’est pourquoi il y a un très grand nombre de terminaisons nerveuses dans la peau qui transmettent beaucoup d’informations au cerveau. Mais cette communication circule également dans l’autre sens : c’est ainsi que le système nerveux tient au courant la peau de notre état de stress ». Mais en cosmétique on considère plus particulièrement le sens peau-cerveau que le contraire.
Une première vague de produits autour de ce thème, baptisée « neurocosmétiques », avait permit d’approcher ces questions. Elle reposait principalement sur l’idée de considérer l’épiderme comme un organe sécrétoire permettant d’interférer avec des molécules candidates impliquées dans des mécanismes associés aux émotions. Nous vous en avions parlé il y a déjà quelques temps. Il y avait également une forte implication du coté des peaux sensibles, ce qui a été en partie oublié.
La tendance actuelle repose plus spécifiquement sur des techniques ou des approches issus du monde des neurosciences, qui permettent d’évaluer les choses de façon plus précises et plus objectives. L’intérêt de ces approches est incontestablement de pouvoir mesurer les bénéfices psycho-émotionnels de façon rigoureuse et donc de faire progresser les produits.
L’inconvénient risque bien de venir de la difficulté qu’il y a à mettre en œuvre ces techniques, lourdes et très couteuses. L’interprétation des résultats est souvent délicate et leur traduction en terme de bénéfices produit n’est pas simple. Mais tout le monde peut se revendiquer de ces démarches !!!! De récents excès en matière de communication montrent qu’il faut souvent se méfier d’un optimisme un peu trop fougueux pour protéger cette filière et lui éviter quelques quolibets quelque fois injustifiés et des « émotions » inutiles.
Une idée en chassant une autre dans cette industrie, il ne faudrait pas non plus oublier que ce que l’on appelle plus ou moins objectivement Neuro cosmétique, est un ensemble incluant de nombreuses approches, les unes étant quelquefois concurrentes des autres.





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