La connaissance et la compréhension de la peau sont parmi les principaux facteurs de progrès de l’industrie cosmétique. En effet, après s’être concentré pendant près d’un siècle sur la formulation et les ingrédients, la cosmétologie va progressivement intégrer la dimension incontournable qu’est la Peau. L’idée étant tout simple : mieux connaître la peau permet de mieux sélectionner et concevoir les produits qui lui conviennent.
Regarder pendant de très nombreuses années comme un tissu mort, la peau est en fait un écosystème extrêmement et hautement organisé, particulièrement dynamique. Sa compréhension est essentielle. Les travaux autour de cette notion ont constitué des avancées très importantes dans ce domaine. Parlons-en.
En illustration de cette tendance, on retiendra la proposition faite par le groupe L’Oréal au CES 2025 d’un dispositif de diagnostic cutané permettant de caractériser la peau. Son nom Cell : CellBioprint

L’idée est de remplir trois fonctions :
- Déterminer l’âge biologique de la peau et le rythme du vieillissement
- Calculer la réactivité aux ingrédients actifs utilisés dans les produits de beauté.
- Soigner proactivement la peau, avant l’apparition de signes visibles
Ce n’est pas le seul, mais c’est le dernier à date. Il fait peut-être les choses mieux que les autres, on ne nous le dit pas. Mais c’est incontestablement une étape dans cette démarche de caractérisation de la peau en vue de sa compréhension et de sa prise en charge.
Mais ces dispositifs ne sont pas nés de la dernière pluie. Il y a longtemps que l’industrie cosmétique travaille sur ces questions et ce, bien plus que la recherche académique. Pour vous permettre de mesurer les progrès qui ont été réalisés, nous vous proposons une brève rétrospective sur ces différentes questions via les contributions de la Cosmétothèque. Certaines ont été publiées il y a déjà un certain délai, peut-être se fait-il qu’elles vous aient échappées !
Comme introduction, cette contribution présente le concept de « peau clinique », à savoir ces approches qui permettent d’étudier la peau saine de façon organisé. Cette notion de peau saine est essentielle pour définir cosmétique. Elle revient rapidement rapidement sur les différentes classifications encore actives de nos jours, pour la majorité d’entre-elles obsolètes !!!
Dans ce premier article on explore l’histoire et l’évolution de la compréhension de la peau humaine. On aborde comment différentes civilisations ont toujours cherché à embellir leur peau, depuis les papyrus égyptiens jusqu’aux premières classifications médicales. L’article met également en lumière les avancées scientifiques dans l’étude de la peau, notamment la biométrologie cutanée et les techniques de mesure modernes.
Dans celui-ci on suit l’évolution de la recherche clinique en cosmétique et comment elle a permis de mieux comprendre la peau saine. Il met en lumière les contributions de chercheurs comme J. Zahejsky et les avancées en biométrologie cutanée, qui ont aidé à objectiver les effets des produits cosmétiques. L’article aborde également le développement de techniques de mesure et d’évaluation de la peau, ainsi que la collaboration entre dermatologie et cosmétique. Il aborde le rôle du Professeur Agache et du centre de Besançon le CERT ainsi que de la SF2iC, (La Société Francophone d’Ingénierie et d’Imagerie Cutanée) et leurs contributions.
Pour finir, cette contribution examine comment certaines sociétés privées ont contribué à la recherche en bio-ingénierie cutanée. Il met en lumière le Centre d’Études et de Recherche cosmétologiques (CERCO), fondé en 1977 par Paul Tisnes et le Pr. Jean Pierre Escande. Le CERCO a développé des techniques innovantes pour étudier la surface cutanée, notamment la microphotographie d’empreintes pour visualiser le réseau micro-dépressionnaire (RmD) de la peau. Il revient également sur les travaux du CERIES, CEntre de Recherche et d’Investigation Epidermique et Sensorielle créé en 1991 sur le même thème. Un exemple des travaux publié il y a 25 ans !
Plus près de nous, d’autres approches de la peau saine ont été proposé comme la caractérisation du microbiote individuel ou celui reposant sur la microcirculation périphérique. Sans parler de la classification par phototypes.
La perception de l’efficiacité semble être fortement associé à ces questions.
Ces questions sont importantes mais souvent évacuées au profit de notion plus simplificatrices comme l’origine des ingrédients où des questions environnementales. Si ces dernières sont importantes, elles ne peuvent pas concentrer la totalité du débat.
Ces articles soulignent l’importance de ces recherches pour mieux comprendre la structure et les fonctions de la peau, et comment elles ont influencé les avancées en cosmétologie. Le succès croissant du traitement d’images, le développement des méthodes non invasives d’analyse in vivo de la composition et de la structure de la peau. Une multitude de sociétés privées comme publiques continuent de travailler au développement d’outils de plus en plus pointus. Un de ces articles concluait : Le futur est en marche avec la conception de mini-laboratoires sous la peau, de capteurs connectés délivrant une information en temps réel…
Nous y sommes !!!
Bonne lecture.
Jean Claude LE JOLIFF





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