Grâce à Patrice ANDRE, que je remercie, j’ai consulté un article (1) que je trouve très intéressant sur la notion d’innovation par héritage. Je m’intéresse depuis longtemps à cette idée et la Cosmétothèque est un des éléments qui va dans ce sens. Je m’en suis par ailleurs expliqué à plusieurs reprises, ou encore au travers d’exemples précis.
Dans cet article d’UTOPIES (1), les auteurs essayent de définir la notion de rétro-innovation (2). Ceci rejoint d’autres approches de ce genre comme celle développée par Olivier Touati et Anthony Moussa qu’ils qualifient « d’hérivation »(3).
L’innovation par héritage ou par patrimoine est un concept émergent qui définit la capacité à puiser dans l’histoire, les traditions et le patrimoine—qu’ils soient organisationnels, culturels ou territoriaux—pour nourrir l’innovation. Cette approche invite à dépasser l’opposition entre tradition et nouveauté : au contraire, elle montre que le passé constitue un socle créatif pour imaginer les produits, services et pratiques de demain. Le concept désigne la dynamique qui consiste à puiser dans l’histoire, les traditions et le patrimoine d’une organisation, d’un territoire ou d’un secteur pour nourrir l’innovation contemporaine.
Sur le plan théorique, l’innovation par héritage s’inscrit dans une logique de dualité : héritage et innovation ne s’excluent pas mais se renforcent mutuellement. Le modèle de « Hérivation » formalise cette idée : les éléments historiques (savoirs-faire, valeurs, artefacts) deviennent des ressources dynamiques permettant de légitimer, d’inspirer et d’enrichir des processus innovants. Ce processus passe par la réinterprétation, la transmission ou l’adaptation du patrimoine avec des technologies, besoins et sensibilités contemporaines.
Cette approche suscite un intérêt croissant dans les milieux académiques et professionnels, car elle offre une alternative aux modèles classiques d’innovation purement disruptive ou technologique. Plusieurs exemples concrets illustrent la pertinence de l’innovation par héritage : certaines entreprises revisitent leur savoir-faire ancestral pour concevoir des produits innovants, tandis que des territoires valorisent leurs traditions locales afin de bâtir des initiatives économiques originales ou de renforcer leur attractivité.
Loin de se limiter à la reproduction du passé, la démarche propose ainsi de réinventer la tradition, de la questionner et de l’adapter aux enjeux contemporains. Cela peut se traduire par des démarches de design, d’organisation ou de gouvernance qui intègrent à la fois la mémoire collective et l’expérimentation. C’est dans cette articulation subtile entre continuité et rupture que s’ouvre la voie à des innovations singulières, porteuses de sens et d’identité.
La démarche de la Cosmétothèque s’inscrit totalement dans cette logique. En effet, en valorisant les connaissances et les pratiques ancestrales de la cosmétique, la Cosmétothèque permet de redécouvrir des savoir-faire oubliés et de les adapter aux besoins et aux attentes contemporaines. Cette approche contribue non seulement à la préservation du patrimoine culturel, mais aussi à l’innovation dans le domaine de la cosmétique, en proposant des produits qui allient tradition et modernité.
Continuons donc à faire du prosélytisme pour que la gestion patrimoniale prenne la place qui lui revient et pour que les jeunes générations ne choisissent pas de l’oublier au détriment de la mémoire. Le passé doit devenir un allié et pas une contrainte.
Jean Claude LE JOLIFF
(1) Innovation par héritage
(2) – Rétro-innovation :
(3) Hérivation :





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