L’art nous renseigne sur les rituels de beauté et les soins de la peau de l’Antiquité à la Renaissance. Corinne Déchelette pour le compte de la Cosmétothèque vous invite à décoder certains de ces aspects. Aujourd’hui : Le soin des cheveux naturels aux 17 et 18ème siècle.

L’ART NOUS RENSEIGNE sur LES PRATIQUES CAPILLAIRES des 17 et 18ème siècle
La « poudre de senteur » odorante et dessicative est utilisée pour nettoyer et parfumer les cheveux au 17ème siècle, puis cette poudre perdra son caractère parfumant pour ne devenir qu’un artifice destiné à modifier la couleur des cheveux naturels ou des perruques au 18ème siècle.
I- L’HYGIENE DES CHEVEUX NATURELS
Au 17ème siècle, l’entretien des cheveux se faisait à sec avec l’aide de poudres dessicatives afin de les dégraisser, les nettoyer, les parfumer et éradiquer la vermine (poux) susceptibles de s’y trouver. Ce sont les poudres d’odeur ou de senteur ; la poudre d’iris et la poudre de Chypre sont les plus populaires.
La poudre pouvait être parfumée : rose, rose musquée, ambrette, jasmin blanc, jonquille, violette, iris, mousse de chêne (chypre), rousse ou frangipane (jasmin rouge). En parallèle, il fallait apporter grand soin au peignage des cheveux.
« Il faut avoir le plus grand soin de tenir [les cheveux] propres en les peignant tous les jours, pour les nettoyer du son [la saleté] qui s’amasse sur la tête ».
II- LA COULEUR DES CHEVEUX NATURELS
Les dames de qualité avaient tendance à s’éclaircir les cheveux. Ainsi, l’usage du blond vénitien né à la Renaissance perdure. On obtenait cette couleur au moyen d’une mixture à base de lupin, de salpêtre, de vitriol, d’aloès et de curcuma. La chevelure une fois enduite, les élégantes s’exposaient à l’heure où le soleil est le plus intense afin de faire sécher leurs cheveux dénoués.
Tout comme les messieurs, les dames de la noblesse utilisent de la poudre blanche pour poudrer les cheveux. Mais, comme la poudre blanche sur les cheveux durcit le visage qui n’est plus au goût de tous, en 1787, le magasin des Modes recommande aux élégants de renoncer d’utiliser des poudres de couleurs qui, une fois mélangées entre elles, permettent d’atteindre la teinte qui leur conviendra le mieux : noire, grise, brune, blonde et mauve. Pour faire tenir la poudre, il faut enduire préalablement les cheveux de pommade. Une houppe de soie ou de cygne est utilisée pour appliquer la poudre sur les cheveux naturels.

III- LA COIFFURE DES CHEVEUX NATURELS

La pommade appliquée sur les cheveux sert à fixer les boucles et les frisures et à faire tenir les extravagantes coiffures féminines du 18ème siècle appelée « pouf ». Le pouf est une coiffure créée par le coiffeur Léonard et popularisée par la reine Marie-Antoinette. Le pouf est édifié sur un échafaudage de fils de fer, de tissus, de gaze, de crins, de faux cheveux associés aux propres cheveux de la cliente dressés en position quasi-verticale. Ces coiffures peuvent dépasser un mètre de hauteur et atteindre un poids de cinq kilogrammes.
CONCLUSION
Les changements sociaux majeurs qui ont lieu à la fin du 18ème siècle précipitent la fin de la mode des coiffures extravagantes tels que les poufs et le port de la perruque et annoncent le retour à des coiffures moins sophistiquées.
REFERENCES
Marie-Antoinette à la Rose, par Élisabeth Vigée Le Brun (1783)
Catherine Lanoë, La poudre et le fard, Champ Vallon, 2008.
L’Abdeker moderne, Bnf, 1818





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