L’art nous renseigne sur les rituels de beauté et les soins de la peau de l’Antiquité à la Renaissance. Corinne Déchelette pour le compte de la Cosmétothèque vous invite à décoder certains de ces aspects. Aujourd’hui : La mode des perruques du 16ème au 18ème siècle

L’ART NOUS RENSEIGNE SUR LA MODE DES PERRUQUES AU 17 et 18ème SIECLE
Depuis les années 1620 où Louis XIII se pare d’une perruque, l’usage des perruques par la royauté et la noblesse est ininterrompu. Au début du 18ème siècle, la poudre destinée à parfumer les chevelures naturelles et les perruques, sert surtout à les blanchir et devient un artifice essentiel aux constructions de la beauté parmi les élites. Désormais, on ne porte plus la perruque pour cacher une calvitie, mais bien pour montrer son appartenance à la classe sociale supérieure.
I- HISTOIRE DES PERRUQUES
Les perruques font leur réapparition à la Renaissance surtout au 17ème siècle dans le but de se débarrasser des poux en rasant le tête et pour masquer une calvitie complète ou partielle des hommes. Ce n’est qu’à partir de 1660 qu’on parviendra à tresser de vrais cheveux humains sur des petites bandelettes, qui sont ensuite cousues sur une coiffe en tulle. Les perruques ne sont pas toujours des coiffes entières : parfois ce sont des perruques « à fenêtres » avec des trous qui laissent passer les mèches des vrais cheveux de la personne qui la porte, ou alors simplement des postiches que l’on accroche dans la chevelure naturelle pour l’étoffer.
En France, c’est Louis XIII qui fut le premier à se couvrir d’une perruque, dès 1620, pour masquer un problème de calvitie. Puisqu’il donne l’exemple, les autres hommes de la noblesse se mettent à en porter à leur tour. Son fils, Louis XIV, fera de même, car il perd une partie de ses cheveux dès l’âge de 20 ans à la suite d’une maladie ; ce sera le début des énormes perruques brunes de l’époque baroque. Dans les années 1730-1740 sous le règne de Louis XV, la mode change : les perruques raccourcies, allégées et complètement blanches font leur apparition.
Evolution du style des perruques
II- LE POMMADAGE ET LE POUDRAGE DES PERRUQUES

Les perruques sont pommadées, c’est à dire enduites d’une substance grasse et collante, à laquelle on mélange une poudre incolore, pour former une pâte qui fait tenir les boucles réalisées au fer à boucler.
Après avoir imprégné les cheveux ou les perruques de pommade à base de graisse de porc, ils sont poudrés en deux temps : au début, après l’application de la pommade et ensuite à la fin de la coiffure. Puis, la poudre incolore sera remplacée par de la poudre blanche : de la farine ou de la fécule de pomme de terre plus fine et légère, puis plus tard de la poudre d’amidon ou de riz. La poudre est appliquée à l’aide d’une houppe mais le poudroir à soufflet fait son apparition pour parfaire l’étape ultime de la coiffure en assurant un poudrage plus économe et plus harmonieux que ne le permettait la houppe.
CONCLUSION
L’usage de la perruque déclina progressivement en France à partir des années 1770, au profit du retour aux cheveux naturels. A la même époque, à la cour, sous l’impulsion notamment de Marie-Antoinette se développa la mode de coiffures monumentales appelées « pouf ».
REFERENCES
Catherine Lanoë, La poudre et le fard, Champ Vallon, 2008.
Louis XIII, Philippe de Champaigne (1640)
Louis XIV, Hyacinthe Rigaud (1701)
Portrait of Louis XV, Maurice Quentin de La Tour (1748)








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