L’art nous renseigne sur les rituels de beauté et les soins de la peau de l’Antiquité à la Renaissance. Corinne Déchelette pour le compte de la Cosmétothèque vous invite à décoder certains de ces aspects. Aujourd’hui : Le bain au XIXème siècle.

L’ART NOUS RENSEIGNE sur LA PRATIQUE DES BAINS AU 19ème siècle
A la fin du XIXème siècle, les habitudes changent et l’hygiène devient, partout et pour tous, une préoccupation importante qui s’illustre à l’Exposition universelle de 1889 avec le pavillon de l’Hygiène où trône Hygie, sa déesse tutélaire. En effet, dans la mythologie grecque, Hygie ou Hygée, fille d’Asclépios, dieu de la médecine, et d’Épione, est la déesse de la santé, de la propreté et de l’hygiène.
La série de tableaux sur les baigneuses d’Edgar Degas démontrent l’évolution du bain pratiqué d’abord dans les Tub puis dans les baignoires.
I- LE TUB
Le tub est une large cuvette circulaire en métal : zinc, tôle émaillée, cuivre, argent qui vient d’Angleterre. Il est portable, doté d’un bec entonnoir qui permet de le vider plus aisément, et. Dans le tub, on se lave à l’éponge. Si la bourgeoisie, elle, pratique le bain à l’éponge dans un Tub installé dans le cabinet de toilette, chez les plus modestes, on « tube » dans la chambre ou dans la cuisine, derrière un rideau tiré le temps de la toilette à l’abri des regards.

II- LA BAIGNOIRE
A la fin du XIXème siècle, les citadins les plus riches possèdent déjà une salle de bains alimentée en eau et équipée d’une baignoire. La baignoire est encore en zinc, en cuivre ou en fonte émaillée. Il faut attendre le début du XXème siècle pour voir l’utilisation de la porcelaine et de la céramique.


III-LES BAINS-DOUCHES MUNICIPAUX
Les douches municipales sont destinées aux personnes qui n’étaient pas équipées de l’eau courante et apparaissent à la fin du XIXème siècle, dans le mouvement hygiéniste et de réorganisation des villes, en particulier dans les villes ouvrières liées au socialisme municipal.

CONCLUSION
A l’aube du XXème siècle, on se lavait à l’éponge dans un Tub venu d’Angleterre. L’ustensile, qui a perduré jusqu’à l’avènement de la salle de bains moderne, est l’ancêtre du receveur de douche. Il faudra cependant attendre la révolution industrielle pour que les notions d’hygiène se propagent à toute la population. La baignoire se démocratisera seulement après la Seconde guerre mondiale et il faudra attendre les années 1970 pour que plus de la moitié des Français soit équipés de baignoires en porcelaine ou en céramique.
REFERENCES
Georges Vigarello. Le propre et le sale, l’Hygiène du corps depuis le Moyen-Age. Editions Points, 2014.
Edgar Degas, Femme dans son bain s’épongeant la jambe, 1883, Musée d’Orsay, Paris.
Alfred Stevens, Femme au bain. Huile sur toile, vers 1867. Musée d’Orsay, Paris.
Edgar Degas, Le Tub, 1886 pastel sur carton, Musée d’Orsay, Paris.
Gravure de Navellier. Inauguration des bains-douches à Paris en 1899.





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