L’art nous renseigne sur les rituels de beauté et les soins de la peau de l’Antiquité à la Renaissance. Corinne Déchelette pour le compte de la Cosmétothèque vous invite à décoder certains de ces aspects. Aujourd’hui : Le bain au XVIIIème siècle.

L’ART NOUS RENSEIGNE sur LA PRATIQUE DES BAINS AU 18ème siècle
Au XVIIIème siècle, et plus précisément après 1750, un profond changement de société s’opère. Grâce aux philosophes des Lumières et aux avancées de la science, on redécouvre les bienfaits de l’eau et les bains font peu à peu leur retour. La baignoire est mobile, c’est une sorte de cuve en cuivre dans lequel on se baigne vêtu d’une chemise.
I- LE BAIN ROYAL


Au XVIIIème siècle, sous Louis XV (1710 – 1774), on commence à aménager des salles de bains. Dès qu’il s’installe à Versailles en 1722, Louis XV exige de pouvoir prendre des bains dans une baignoire en cuivre, installée dans une petite pièce fonctionnelle. Le roi dispose d’une baignoire pour se laver et d’une autre pour se rincer, ainsi que d’une arrivée d’eau froide et d’une arrivée d’eau chaude, grâce aux cuves et aux foyers installés au-dessus de la pièce. Le cuivre étant brûlant, il se baigne souvent assis sur une chaise et non pas immergé. En effet, à cette époque, les baignoires étaient doublées de toile et contenaient chacune un petit tabouret lesté de plomb, garni et couvert de crin et de toile blanche.
C’est réellement dans la seconde moitié du XVIII ème siècle que le bain se démocratise et que les courtisans se mettent à en prendre eux aussi régulièrement. Sous Louis XVI (1754 – 1793), la reine Marie-Antoinette aime prendre des bains. La Reine possède une « baignoire sabot à couvercle », que l’on apporte dans sa chambre dès qu’elle le désire. Elle se baigne alors vêtue d’une longue robe de flanelle boutonnée jusqu’au cou, et demande encore à ses servantes de tendre un drap, du sol jusqu’au-dessus de sa tête, pour la dissimuler des regards. Ainsi, par pudeur et pour éviter le contact du corps avec la baignoire, celle-ci est recouverte d’un drap brodé dont les dentelles retombaient tout autour. L’eau est souvent parfumée, à l’amande douce, au lin ou aux racines de guimauves.
II- LES BAIGNOIRES

Des cuviers aux bassins, la baignoire se métamorphose à nouveau au XVIIIème siècle pour se rapprocher des baignoires grecques de l’Antiquité. Plus longue que large, la baignoire est conçue pour que le baigneur puisse s’immerger avec les jambes allongées associant l’hygiène à une volonté de délassement. En plus des baignoires sabot, certaines baignoires ressemblent à des duchesses, ces fauteuils dont l’assise se prolonge pour étendre les jambes. A cette époque, se développent les fauteuils baignoires pour la toilette intime et les bidets.
CONCLUSION
Au XVIIIème siècle, c’est le retour du bain et les baignoires qui meublent les nouveaux cabinets de bains se multiplient en même temps que se multiplient les systèmes d’adduction et les chaudières.
Georges Vigarello. Le propre et le sale, l’Hygiène du corps depuis le Moyen-Age. Editions Points, 2014.
Christian Baulez, « La salle des bains de Louis XV restaurée » in L’Objet d’Art, février 2005
Tableaux et illustrations :
Scènes de la vie quotidienne de nobles français sous l’Ancien-Régime : le bain (BNF)
Antoine Louis Romanet, Le Bain (the Bath), 1774.
La Toilette intime ou la Rose effeuillée, peinture de Louis-Léopold Boilly (1761–1845)





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