Le progrès et l’évolution des choses ont fait disparaître des métiers dont aujourd’hui on se pose la question de l’utilité. Dans la démarche Schumpetérienne, on appelle cela la destruction créative, phase précédent ou concomitante à l’innovation quelquefois radicale. Dans le monde du parfum et de la beauté, comme dans toutes les filières, certains gestes, jadis ancestraux, voire indispensables aux yeux de certains, on finit par disparaitre. Nous vous proposons une petite série en plusieurs épisodes , qui serait peut-être digne de Netflix, autour de ces pratiques disparues. Aujourd’hui : la tenue du Rouge à lèvres.
La longue tenue du maquillage des lèvres est une des préoccupations majeures du formulateur tant les utilisatrices en font un critère de qualité. Pour générer la couleur, on peut utiliser plusieurs types de matières colorantes : des colorants, ou des pigments. Les colorants sont solubles et donc teintent durablement la muqueuse. A l’inverse ils sont transparents et n’apportent pas d’opacité. Couvrance et opacité sont donné par les pigments. Mais insolubles ils sont déposés la la lèvres et disparaissent au gré des mouvements et c’est ainsi que l’on mange sont rouge à lèvres. C’est donc un poste important de la formualtion.
Parmi les solutions, la combinaison colorants/pigments a été et reste quelquefois utilisées. La référence est le Rouge indélébile, inventé par Paul Baudecroux et commercialisé sous le nom de Rouge Baiser.
Une autre technique, limité en terme de couleur, consiste à utiliser des stéarates colorés, comme le stéarate de rhodamine. Cette technique n’a plus cour de nos jours. A présent, on préfère concentrer le produit après application par l’utilisation d’huiles semi volatiles, combinés à l’utilisation d’un film qui fixe le maquillage. Revlon s’était fait une spécialité de ces approches formulaires. Celà donnera les rouges non tranfer.Un certain inconfort à l’usage, lié au coté moins émollient des films sur la lèvre, est souvent noté par les utilisatrices.
Plus près de nous, les produits doubles ont tentés de résoudre cette question. Un film sec coloré, réalisé à partir de latex synthétique ou analogues, est déposé sur la lèvre. Un produit de brillance, généralement mélange de silicone ou d’huiles à fort IR, est ensuite appliqué.


L’une des questions compliquées de ces approches réside dans le moyen d’évaluation de ce critère. Le plus simple et le plus représentatif est un test de tenue qui consiste à appliquer le produit et le porter. Une évaluation de la tenue est faite soit par une méthode de score, peu précise car empirique, soit à l’aide d’analyse de photo numérique évaluant la couleur ou la migration du produit. Un autre test consiste à utiliser un kleenex que l’on pince entre les lèvres dans des conditions aussi reproductibles que possible, suivi d’une mesure de la quantité de produit ayant transféré sur le papier. Mais ces tests sont longs et difficilement réalisables au laboratoire.
Concerné par cette question, Max Factor avait inventé une machine a baisers! Le dispositif permettait d’appliquer le rouge à lèvres sur un maquette de lèvres, puis de simuler un baiser avec une autre maquette. Un réglage de la pression permettait de simuler la fougue du geste !!!! Cet appareil est maintenant au musée Max Factor à Hollywood.

Il existe peut-être de nos jours d’autres systèmes de ce genre, mais je n’en ai pas trouvé !
Contribution réalisé avec l’aide Gérald Martines





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