Depuis toujours, le progrès et l’évolution des choses ont fait disparaître des métiers et des gestes dont nous nous interrogeons aujourd’hui sur l’utilité. Dans la démarche « schumpétérienne », cela est appelé destruction créative, une phase précédant ou concomitante à une innovation parfois radicale. Dans le monde du parfum et de la beauté, comme dans tous les secteurs, certains gestes jadis ancestraux, voire indispensables aux yeux de certains, ont aussi fini par disparaître. Nous vous proposons une série d’articles en plusieurs épisodes, un peu comme sur Netflix, consacrée à ces pratiques disparues. Aujourd’hui : le calcul du HLB.
L’émulsologie, ou l’art de la réalisation d’émulsions, occupe une part importante des travaux des laboratoires de formulation cosmétique. En effet, beaucoup de produits reposent sur cette technologie qui consiste à mélanger deux liquides qui ne s’entendent pas du tout : l’eau et l’huile, pour obtenir une préparation stable. Pour réalisé cet exercice, il existe un type d’ingrédient qui joue un rôle central, les émulsionnants. Il s’agit de molécules particulières, dites amphiphiles, c’est-à-dire qui présentent simultanément beaucoup d’affinité pour l’eau et pour l’huile. Ils jouent un rôle clé dans ce processus.

Le choix de ces tensioactifs est essentiel pour obtenir un résultat satisfaisant. Mais c’est un exercice difficile tant sur le plan théorique que pratique. Au-delà de pratiques qui relèvent plus souvent du « tour de main », il existe plusieurs théories pour modéliser ce choix. Le HLB a été longtemps une des plus utilisée. HLB signifie Hydrophilic Lipophilic Balance. Cette technique a été introduite au début des années 1950. Elle permet de prédire le comportement des tensioactifs et de comprendre leur comportement.
J’ai trouvé récemment tout à fait par hasard dans un post la description qui a été faite par une professeure du lycée des Métiers Hélène Boucher à Toulouse. d’un exercice de travaux pratiques qui se faisait dans les laboratoires. Il s’agit de Géraldine Bugari, Professeure Agrégée de Biotechnologie. Vu qu’il est devenu très difficile de trouver ce genre d’exercice dans la pratique courante, je lui ai demandé de nous expliquer comment cela se passe encore, ce qu’elle a aimablement accepté. Voila son explication Détermination du HLB.
Et quelques images pour compléter.


Utilisé assez régulièrement dans les laboratoires, globalement jusqu’au début des années 2000, c’est devenu un exercice plus théorique que pratique. Les formulateurs se soucient de moins en moins de cette question. Ceci est dû en partie à l’utilisation de mélanges prédéfinis aux propriétés tensioactives sur lesquelles le formulateur ne peut pas vraiment intervenir. Ces bases de formulation font les choses presque toutes seules. C’est un peu la victoire de la mixologie, cet « art »qui consiste à mélanger quelque chose avec quelque chose, avec l’aide du magicien qui s’appelle : le mixeur.
Ceci est bien dommage, car cela conduisait les formulateurs à réfléchir concrètement sur les choix formulaire. On nous explique que dorénavant ce sera l’IA qui fera ce travail. Il ne restera plus qu’à mettre un robot manipulateur et l’on perdra définitivement cette sensation particulière de voir l’émulsion « se faire » et souvent de « voir » si ça va ou pas. Heureusement qu’il reste quelques endroits où l’on peut appliquer ces techniques très formatrices.
Bravo Géraldine et bonne continuation.
Pour que les choses soient un peu plus agréables, nous proposons à toutes celles et ceux qui le veulent de compléter ce travail par la description de gestes spécifiques à leurs activités. De même pour les nouveaux métiers apparus depuis le début de ce siècle. Quelques exemples : conducteur de robot, veilleur stratégique Internet, réglementation internationale etc. J’en ai connu certains, mais relativement peu, et ce serait tellement mieux que ce soit ceux qui les pratiquent qui nous les décrivent. Les nouveaux métiers seraient publié de la même façon que les anciens métiers le seront, sur ce site, avec un commentaire et bien évidemment la citation de l’auteur. Nous verrons a réunir ensemble si possible anciens et nouveaux et peut-être les publier sous une forme qui reste à définir. Nous pourrions ainsi faire un point assez général sur l’évolution de nos métiers par ce petit rappel sur toute une série de pratiques et de gestes qui ont aujourd’hui disparu. Il sera ainsi plus facile de juger si ces disparitions ont fait place à des pratiques plus vertueuses.
Merci d’avance aux volontaires. En attendant, bonne lecture.





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