Le progrès et l’évolution des choses ont fait disparaître des métiers et des gestes dont aujourd’hui on se pose la question de l’utilité. Dans la démarche « Schumpetérienne », on appelle cela la destruction créative, phase précédent ou concomitante à l’innovation quelquefois radicale. Dans le monde du parfum et de la beauté, comme dans toutes les filières, certains gestes, jadis ancestraux, voire indispensables aux yeux de certains, on finit par disparaitre. Nous vous proposons une petite série en plusieurs épisodes , qui un peu comme Netflix, autour de ces pratiques disparues. Nous espérons ainsi que la lecture vous en sera que plus agréable. La publication se fera régulièrement par métier. Aujourd’hui : Le préposé aux bagues
Pendant très longtemps, la verrerie utilisée pour la préparation et la fabrication des parfums et des produits liquides en général était réalisée par ce que les verriers appellent des techniques Semi-automatiques. Ceci a comme conséquence de produire du flaconnage qui a une contenance nominale, mais dont les tolérances de contenance peuvent varier sensiblement d’une production à l’autre, voire d’un flacon à l’autre. Ors le remplissage des liquides était généralement volumétrique, c’est-à-dire que l’on introduit une dose constante de liquide dans un flacon dont la contenance est variable.
Ceci n’a pas de conséquences pratiques majeures sauf lorsque le contenu du flacon présente une capacité à se dilater à la chaleur. Ceci a comme effet de provoquer une augmentation de la pression dans le volume libre laissé dans le flacon, pouvant conduire à l’explosion du dit flacon. Étaient concerné les liquides alcooliques, parfums et eau de toilette et équivalents, lotions alcoolisées, mais également certains produits contentant des liquides volatiles comme les flacons de démaquillant pour les ongles, les brillantines a base d’huile ou de pétrole etc. La solution pour éviter ce défaut était simple : garantir un volume vide après remplissage suffisant pour que l’augmentation de pression ne provoque pas l’explosion du flacon.
Ce vide était régulièrement appelé la bague. Pratiquement ceci consistait a ce que sur chaque livraison de verrerie, le volume moyen du flacon soit revérifier précisément, et qu’en fonction de cela au cas par cas, un niveau de remplissage soit déterminé. Ce niveau de remplissage déterminait ce que l’on appelle la bague. Ceci était souvent le rôle d’un contrôleur qualité. Dans les grandes sociétés, cette fonction représentait quelques fois un poste presque à plein temps. Cette tache était associée à d’autres pratiques de même type, comme les colorations de factices.

Cette pratique a aujourd’hui disparue par l’émergence de techniques de fabrication de verrerie dites automatiques, ainsi que l’adoption d’un système de ré-aspiration du liquide au moment du remplissage pour garantir un volume vide constant ainsi que des systèmes sophistiqués de contrôle associant robotique et vision assisté, le tout garantissant un niveau de remplissage constant et reproductible.
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Toutefois, sur des petites séries ou des produits particuliers, ce défaut pourra réapparaître, souvent encore ignoré des opérateurs.
Pour que les choses soient un peu plus agréables, nous proposons à toutes celles et ceux qui le veulent de compléter ce travail par la description de gestes spécifiques à leurs activités. De même pour les nouveaux métiers apparus depuis le début de ce siècle. Quelques exemples : conducteur de robot, veilleur stratégique Internet, réglementation internationale etc. J’en ai connu certains, mais relativement peu, et ce serait tellement mieux que ce soit ceux qui les pratiquent qui nous les décrivent. Les nouveaux métiers seraient publié de la même façon que les anciens métiers le seront, sur ce site, avec un commentaire et bien évidemment la citation de l’auteur. Nous verrons a réunir ensemble si possible anciens et nouveaux et peut-être les publier sous une forme qui reste à définir. Nous pourrions ainsi faire un point assez général sur l’évolution de nos métiers par ce petit rappel sur toute une série de pratiques et de gestes qui ont aujourd’hui disparu. Il sera ainsi plus facile de juger si ces disparitions ont fait place à des pratiques plus vertueuses.
Merci d’avance aux volontaires. En attendant, bonne lecture.
Jean Claude LE JOLIFF





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