Lorsque la réglementation française a été publiée en 1975, nombreux ont été ceux qui découvraient la notion de toxicologie. Certains acteurs ont plus particulièrement contribué à généraliser ces connaissances et les démarches de recherche d’innocuité. C’est le cas de Jean Pierre Joubert, un des plus brillants toxicologues qui a réussi à concilier deux dimensions : savoir et formation.
Pouvant être considéré comme un des initiateurs de la cosmétique moderne, comme Egmont Desperrois, évoqué dans un autre billet, il trouve toute sa place dans la série de portraits des « hommes qui ont fait la Cosmétique ». Il est également un des mentors et des inspirateurs de la génération suivante de toxicologues qui progressivement apparaissent dans la filière.

Jean Pierre Joubert, pharmacien toxicologue spécialisé en cosmétologie, a marqué l’industrie cosmétique française, particulièrement durant la fin de sa carrière. Né le 27 octobre 1931 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), il est décédé à l’âge de 89 ans le 1er mars 2021 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).
Pendant plusieurs décennies, Jean Pierre Joubert a été reconnu comme un expert incontournable du domaine cosmétique français. Il a apporté des conseils et une expertise précieuse à l’industrie. Estimé par ses collègues pour sa disponibilité, ses qualités humaines et ses vastes connaissances en cosmétologie et toxicologie, il a formé ses collaborateurs par le partage des expériences au sein des laboratoires où ils le côtoyaient.
Passionné par ses activités professionnelles, Jean Pierre Joubert a contribué à l’officine puis à l’industrie cosmétique française jusqu’à sa retraite en 2018, à l’âge de 87 ans. Diplômé en 1958 du Diplôme d’État de Pharmacien (Paris) et en 1976/77 du Certificat d’Études Spéciales de Cosmétotechnie, il a également obtenu le Diplôme d’Études Pharmaceutiques Spéciales de Cosmétologie (Université de Nantes). En 2003, il a réalisé un doctorat en pharmacie intitulé « De la toxicologie à la sécurité : le cas des produits cosmétiques » à la Faculté de Pharmacie de Paris XI.
Jean Pierre Joubert a reçu divers titres honorifiques, dont la Médaille de l’Enseignement technologique et, en 1999, le statut Eurotox « European Registered Toxicologist » (ERT). Il a fondé deux sociétés françaises de services d’expertise réglementaire et toxicologique cosmétique : Safecos en 1999 (Ille-et-Vilaine) et, en collaboration avec Franck Chevasson, le CERT en 2004, devenu l’antenne française de Biorius (Belgique).
Enfin, Jean Pierre Joubert excellait également en tant qu’orateur passionné de cosmétique et de toxicologie et animait régulièrement des conférences et séminaires. Parmi un ensemble nourri on peut citer, en 2006, « De la responsabilité du fabricant et du metteur sur le marché en matière de produits cosmétiques » pour la Conférence de la Société Française de Cosmétologie à Lyon, en 2007 «Les perturbateurs endocriniens », lors du séminaire de la Fédération des Entreprises du commerce et de la Distribution. Toujours en 2007 « Alertes toxicologiques : excipients, additifs, adjuvants, impuretés : Les produits cosmétiques » (en collaboration avec le Pr Marty), lors de la conférence du Congrès de la Société Française de toxicologie ; enfin, en 2009, « Innocuité des végétaux, de leurs extraits et de leurs dérivés divers et variés, conférence donnée à la Société Française de cosmétologie à Paris.
Il est inutile de rappeler que cette question de la toxicologie qui désormais traverse les recherches des laboratoires de cosmétiques n’est pas un phénomène récent initié par la demande sociale de sécurité des produits, mais concerne l’industrie depuis des décennies et que des hommes comme Jean Pierre Joubert ont contribué à mettre cette question au cœur des réflexions sur la nature des produits cosmétiques et les précautions à avoir dans leur conception, leur fabrication et leurs usages.
Merci à Sandrine Morvan qui a été à l’origine de cet hommage et à ses anciens collègues : toxicologues du CERT travaillant dorénavant chez Biorius (Caroline Roussel-Pors, Caroline Cleguer, Gwendal Coulon, Baptiste Mao).





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